TECHNIQUE

La forge « à la catalane »

vendredi 11 janvier 2008 par Émile Pujolle

Apparue en 1663 à Asson et Nogarot, dans la vallée de l’Ouzom, la forge à la catalane y perdura jusqu’en 1866. La forge de Béon et, plus tard, celle d’Isale, furent aussi des forges dites « à la catalane ».

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Ces forges utilisent trois dispositifs complémentaires.

* un « foyer » où s’opère la réduction du minerai en présence de charbon de bois, jusqu’à obtention d’une loupe de fer ou massé,

* une soufflerie hydraulique d’un type particulier utilisant la « trompe des Pyrénées »,

* un « mail » et son enclume où le massé est cinglé pour éliminer les scories.

L’agencement et la disposition de ces dispositifs varie peu d’une forge à l’autre. Les vestiges des trois forges montrent la même organisation : les trompes à gauche en entrant dans l’atelier, le foyer au milieu, le marteau à droite dans une "halle" de 20 m sur 15 m environ.

Le foyer

C’est un « bas-fourneau » de dimensions réduites (54 cm de long et de large et 43 cm de profondeur).
Le fond est en pierre, la face du fond (la rustine) en maçonnerie liée à l’argile, les autres faces sont doublées avec des prismes de fer de 2 quintaux. On laisse un vide (le trou de chio) bouché par de l’argile sur la face de devant pour permettre, au moment voulu, l’écoulement des scories sur le sol de la forge. Les angles sont arrondis avec de l’argile.
Le creuset est reconstruit tous les 3 ou 4 mois.

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Trompes du Pays de Foix
(Encyclopédie, Forges ou art du fer, deuxième section, planche IV)

Les trompes

Introduites en vallée de l’Ouzom vers 1663, elles remplacent avantageusement les barquis ou soufflets car elles ne comportent pas de pièces en mouvement : l’eau qui s’engouffre dans deux arbres creux percés d’évents ou munis de "trompils" entraîne l’air. Récupéré dans la "caisse à vent", l’air est envoyé dans le creuset par l’intermédiaire d’une tuyère en cuivre.

- Voir le texte accompagnant la planche [1].

Le Mail

À l’origine, le mail est en fer, fabriqué sur place et pèse de 5 à 6 quintaux (200 à 240 kg). Les queues de mail sont en hêtre vert ou en noyer.
Au XIXe siècle, il est en fonte, pèse de 16 à 18 quintaux (650 à 740 kg).
En 1836, on change le marteau de la forge de Nogarot : il est commandé à la fonderie Olim-Chatelet de Toulouse et pèse 695 kg.

L’enclume sur laquelle frappe le mail est au ras du sol, en fer, pèse deux quintaux (82 kg). Elle est enchâssée dans une pièce de fonte, la dame, de 200 à 300 kg. La dame est sertie dans un billot de bois de 1,20 m de diamètre et de 1,20 m de haut qui repose sur un bloc de pierre de 3 à 4 m3 (6 à 8 tonnes).

La roue qui actionne le mail est en bois et mesure 3 m de diamètre. Tout est assemblé par tenons, mortaises et coins. La chute d’eau a 5 à 6 m de haut. L’arbre de la roue mesure 80 cm de diamètre et 6 m de long. Il pèse une tonne.
En 1846, il faut deux jours et 8 paires de boeufs pour conduire un tronc de noyer de Bruges à Nogarot. La réfection de la roue demande 37 journées de travail aux charpentiers attitrés des Angosse : Hourna père et fils, d’Arthez-d’Asson.

- Voir aussi Le travail des forgeurs

[1] Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, éditée de 1751 à 1772 sous la direction de Diderot et D’Alembert. Forges ou art du fer, seconde section, planche IV.


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